Les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) constituent un rendez-vous incontournable du dialogue social en entreprise. Pour les salariés de la restauration collective, ces négociations représentent un moment clé où se jouent des décisions concrètes qui impactent directement votre quotidien professionnel : rémunération, temps de travail, conditions d'exercice de votre métier. Vos élus CFE-CGC vous accompagnent cette année encore pour décrypter ce processus et défendre vos intérêts.
Qu'est-ce qu'une NAO et qui est concerné ?
La NAO est un dispositif encadré par les articles L. 2242-1 à L. 2242-21 du Code du Travail. Elle s'impose à toutes les entreprises où existe au moins une section syndicale d'organisation représentative avec un délégué syndical désigné. C'est à l'employeur qu'incombe l'organisation de ces négociations, même si une organisation syndicale représentative peut les initier si la direction ne le fait pas.
Contrairement à une idée reçue, ces négociations ne sont pas strictement annuelles : la loi impose désormais une négociation au moins tous les quatre ans sur certains thèmes. Toutefois, dans la pratique, la plupart des entreprises maintiennent un rendez-vous annuel, d'où le nom couramment utilisé de "Négociation Annuelle Obligatoire".
Les NAO concernent trois grands blocs thématiques définis par la loi Rebsamen de 2015 relative au dialogue sociale et les ordonnances de 2017 :
- la rémunération
- le temps de travail,
- l'égalité professionnelle
- la qualité de vie au travail.
Pour les entreprises d'au moins 300 salariés, il faut ajouter la gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels.
Les trois sujets incontournables des NAO
1. La rémunération, le temps de travail et le partage de la valeur
Ce premier bloc de négociation porte sur les salaires effectifs, la durée et l'organisation du travail, le suivi des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération entre femmes et hommes, ainsi que l'intéressement et la participation.
En 2025, le contexte salarial s'inscrit dans une dynamique de modération. Selon la Banque de France, la hausse moyenne des accords NAO s'établit à 2,1 %, marquant un net repli par rapport aux 3,3 % de 2024 et aux 4,2 % de 2023. Cette contraction s'explique principalement par le ralentissement de l'inflation, qui devrait se maintenir autour de 1,6 % en 2025 selon les prévisions de la Banque de France.
2. L'égalité professionnelle et la qualité de vie au travail
Le deuxième bloc aborde des thématiques essentielles pour améliorer votre quotidien professionnel : l'articulation entre vie personnelle et vie professionnelle, les mesures de lutte contre les discriminations, l'insertion et le maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés, ou encore la définition des régimes de prévoyance.
Dans la restauration collective, où les métiers sont souvent physiquement exigeants et les horaires décalés, ces sujets méritent une attention particulière. Vos élus CFE-CGC veillent à ce que les spécificités de nos professions soient prises en compte, notamment en matière de prévention des risques professionnels et d'équilibre des temps de vie.
3. La gestion des emplois et des parcours professionnels
Pour les grandes entreprises de la restauration collective (plus de 300 salariés), une négociation triennale doit porter sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, les orientations de la formation professionnelle, les perspectives de recours aux différents contrats de travail, et le déroulement de carrière des représentants syndicaux.
Comment bien se préparer aux NAO ?
La préparation constitue la clé d'une négociation réussie. Vos délégués syndicaux CFE-CGC s'appuient sur plusieurs sources d'information essentielles :
- la Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales (BDESE) de l'entreprise,
- les revendications remontées par les salariés via des réunions et consultations,
- une analyse approfondie de la situation économique du secteur.
Cette préparation minutieuse permet d'élaborer des revendications réalistes et proportionnées aux enjeux. Il s'agit de défendre fermement vos intérêts tout en tenant compte des contraintes économiques réelles de l'entreprise, pour aboutir à des accords viables et pérennes.
Comment se déroule une NAO, étape par étape ?
Le processus débute par la convocation de tous les syndicats représentatifs. Une première réunion préparatoire fixe le calendrier, les lieux des réunions ultérieures, et détermine les informations que l'employeur devra transmettre aux délégués syndicaux. Cette phase d'organisation est cruciale pour garantir la qualité du dialogue social.
Les négociations se déroulent ensuite lors de plusieurs réunions. La loi impose qu'elles se tiennent de manière “sérieuse et loyale”. Pendant toute leur durée, l'employeur ne peut prendre de décision unilatérale sur les thèmes en discussion, sauf situation d'urgence dûment justifiée. Le temps consacré aux négociations est rémunéré comme du temps de travail effectif pour les délégués syndicaux.
À l'issue des discussions, deux scénarios sont possibles. Si un accord est trouvé, il doit être formalisé par écrit et signé par les parties, puis déposé auprès du ministère du Travail. Dans le cas contraire, un procès-verbal de désaccord est rédigé et également déposé. Attention : l'absence d'accord permet ensuite à l'employeur d'appliquer unilatéralement les décisions inscrites dans ce PV, d'où l'importance de tout mettre en œuvre pour parvenir à un compromis satisfaisant.
Les leviers d'action de vos élus CFE-CGC
La marge de manœuvre des syndicats lors des NAO dépend de plusieurs facteurs déterminants : force et représentativité du syndicat, soutien des salariés, mobilisation autour des revendications… Le cadre légal définit les limites et obligations de chaque partie, tandis que la situation économique de l'entreprise influence directement les possibilités de concessions.
Dans la restauration collective, secteur caractérisé par des tensions de recrutement persistantes et des métiers exigeants, vos élus CFE-CGC disposent d'arguments solides pour négocier. Leur connaissance approfondie des spécificités de nos professions, leur expérience du terrain et leur capacité à documenter précisément les besoins des cadres et agents de maîtrise constituent des atouts précieux pour défendre vos intérêts.
Pourquoi les NAO sont essentielles pour votre avenir professionnel ?
Les résultats des NAO ont un impact direct et concret sur votre quotidien : augmentation de salaire, primes diverses (fidélisation, partage de la valeur), aménagement du temps de travail, développement du télétravail quand c'est possible, amélioration des conditions de travail, accès à la formation, et bien d'autres avantages visant à reconnaître votre engagement professionnel.
Dans un secteur comme la restauration collective, où les métiers sont exigeants et les conditions d'exercice parfois difficiles, ces négociations représentent un moment privilégié pour faire valoir les réalités du terrain et obtenir des avancées concrètes. C'est aussi l'occasion de s'assurer que les spécificités de nos fonctions d'encadrement sont bien prises en compte, un enjeu sur lequel vos élus CFE-CGC restent particulièrement vigilants, comme l'ont montré les négociations de 2023 (voir l'article : NAO 2023 : le point dans les entreprises de la restauration collective).
Transparence et communication : votre droit à l'information
Une fois l'accord signé ou le PV de désaccord établi, les organisations syndicales ont la responsabilité essentielle de communiquer les résultats aux salariés. Cette transparence garantit que vous comprenez les enjeux et les résultats obtenus, et qu'à défaut d'accord parfait, vous mesurez les efforts déployés par vos représentants.
Vos élus CFE-CGC s'engagent à maintenir ce lien d'information constant avec vous. N'hésitez pas à les contacter pour connaître les résultats précis des NAO dans votre entreprise et les répercussions concrètes sur votre salaire et vos conditions de travail.
Pour toute question sur les NAO dans votre entreprise, contactez vos élus CFE-CGC Restauration Collective !
